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Bali en solo : entre temples, rizières et océan, seule et en paix

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Inès Moreau
Consultante en stratégie, voyageuse solo depuis 8 ans
25 février 2025 · 5 min de lecture
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Bali en solo : entre temples, rizières et océan, seule et en paix

Autrice : Inès Moreau · Publié le 25 février 2025 · 5 min de lecture

Catégorie : Destinations · Tags : bali solo femme, voyage seule indonésie, solo trip bali, ubud seule, retraite yoga bali

Il y a des endroits dans le monde où la solitude n'est pas un vide à combler, mais un espace à habiter. Bali est de ceux-là. J'y suis retournée trois fois en huit ans, et chaque fois l'île m'a rendu quelque chose que je ne savais pas avoir perdu.

Pourquoi Bali est faite pour les voyageuses solo

Je vais être honnête : Bali n'est plus un secret. L'île croule sous les influenceurs en quête du smoothie bowl parfait et les digital nomads qui monopolisent les cafés de Canggu. Mais derrière ce vernis Instagram, il reste une Bali profondément spirituelle, généreuse, et étonnamment facile à parcourir seule.

La première fois que j'y ai posé le pied, en 2019, je sortais d'un burn-out que je n'osais pas nommer. J'avais réservé dix jours sans plan, juste un vol et une nuit à Ubud. C'est cette absence de programme qui m'a sauvée. Bali récompense celles qui se laissent porter.

Pour celles qui envisagent leur premier voyage en solo, Bali coche toutes les cases : infrastructure touristique solide, coût de la vie ridiculement bas, population chaleureuse, et une communauté de voyageuses solo si dense que vous ne serez jamais vraiment seule, sauf quand vous le choisirez.

Ubud : le coeur battant de l'île

Ubud est le point de départ naturel de toute exploratrice solitaire. Pas pour ses boutiques de souvenirs ou ses cours de cuisine surpeuplés, mais pour ce qui se cache dix minutes à pied du centre : les rizières de Tegallalang au lever du soleil, quand les terrasses émeraude sont encore enveloppées de brume et que vous n'entendez que le chant des coqs et le murmure de l'eau dans les canaux d'irrigation.

J'ai logé au Tegal Sari, une guesthouse familiale à 35 euros la nuit, perdue dans les rizières à quinze minutes à pied du Monkey Forest. La chambre donnait sur un jardin de frangipanier, et chaque matin Ketut, le propriétaire, déposait devant ma porte un plateau de fruits frais avec un café balinais si épais qu'on pourrait y planter une cuillère.

Mes incontournables à Ubud :

  • Tirta Empul : le temple des eaux sacrées. Arrivez avant 8h pour la purification rituelle sans la foule. On enfile un sarong, on prie, on passe sous chaque fontaine. Même sans croyance particulière, l'expérience est saisissante.
  • Campuhan Ridge Walk : une promenade de 2 km sur une crête entre deux vallées. À l'aube, la lumière est irréelle. Gratuit, accessible, et d'une beauté simple qui vous coupe le souffle.
  • Le marché d'Ubud : avant 9h, c'est un vrai marché local. Après, c'est un piège à touristes. Achetez vos offrandes, vos mangoustans, et partez.

Seminyak et la côte : l'autre visage de Bali

Si Ubud est l'âme, Seminyak est le corps. Plages, couchers de soleil au Ku De Ta (un cocktail à 12 euros, mais la vue n'a pas de prix), boutiques de créateurs locaux sur Jalan Laksmana. C'est plus cher, plus bruyant, plus mondain. Mais c'est aussi là que j'ai fait certaines de mes plus belles rencontres.

Un soir, accoudée au bar du La Plancha, les pieds dans le sable, j'ai partagé une bouteille de vin blanc médiocre avec une avocate australienne en plein divorce et une prof de yoga canadienne qui vivait là depuis six ans. On a parlé jusqu'à minuit. Je ne les ai jamais revues. C'est la magie des rencontres de voyage : intenses, libres, sans attente.

Alternative : si Seminyak vous semble trop agité, essayez Sanur sur la côte est. Plus calme, plus authentique, avec une promenade en bord de mer parfaite pour les matins lents.

Les retraites yoga : entre révélation et arnaque

Parlons-en franchement. Bali regorge de retraites yoga, et la qualité varie du sublime au franchement douteux. J'en ai testé trois.

La meilleure : The Yoga Barn à Ubud. Cinq jours, 280 euros tout compris (hébergement en dortoir, trois repas végétariens, deux sessions quotidiennes). Les profs sont compétents, le cadre est magnifique, et l'ambiance n'est pas sectaire. On peut sécher un cours pour aller se perdre dans les rizières sans que personne ne vous juge.

La pire : un retreat de "guérison holistique" à Canggu à 800 euros les trois jours, avec un gourou autoproclamé qui vendait des cristaux à prix d'or. J'ai tenu une journée.

Mon conseil : méfiez-vous des retraites qui promettent une transformation totale. Le yoga est une pratique, pas une solution miracle. Si le prix dépasse 100 euros par jour, demandez-vous ce que vous payez vraiment.

Budget : combien ça coûte vraiment

Voici ce que j'ai dépensé lors de mon dernier séjour de douze jours en novembre 2024 :

  • Hébergement : 30 à 45 euros/nuit (guesthouse avec piscine à Ubud, boutique hotel à Sanur)
  • Repas : 3 à 8 euros dans les warungs locaux, 15 à 25 euros dans les restaurants plus chics
  • Transport : scooter à 5 euros/jour (permis international recommandé) ou Grab (le Uber local) à 2-4 euros la course
  • Activités : temples 2-3 euros l'entrée, cours de yoga 8-12 euros la session
  • Total : environ 900 euros hors vol (vol Paris-Denpasar : 500 à 700 euros en réservant deux mois à l'avance)

Le nasi goreng à 2,50 euros dans un warung de bord de route sera souvent meilleur que celui à 12 euros dans un restaurant de Seminyak. Faites confiance aux endroits où les Balinais mangent eux-mêmes.

Sécurité : ce qu'il faut savoir

Bali est l'une des destinations les plus sûres pour les femmes seules. Les Balinais sont d'une gentillesse sincère, et les crimes violents envers les touristes sont extrêmement rares.

Quelques précautions tout de même :

  • Le scooter : c'est le principal danger à Bali. La circulation est chaotique, les routes sont étroites, et les accidents sont fréquents. Si vous n'êtes pas à l'aise, utilisez Grab.
  • Les arnaques : elles existent, surtout dans les zones touristiques. Le change dans la rue est toujours une mauvaise idée. Utilisez les ATM des banques BCA ou Mandiri.
  • Le soir : Seminyak et Kuta ont une vie nocturne intense. Les boissons peuvent être frelatées avec de l'arak de mauvaise qualité (le methanol est un vrai risque). Restez dans les bars établis et surveillez votre verre.
  • Les temples : portez un sarong et couvrez vos épaules. Ce n'est pas une recommandation, c'est un signe de respect élémentaire.

Le mot de la fin

Bali ne changera pas votre vie. Aucun lieu ne le peut. Mais elle peut vous offrir l'espace pour respirer, pour vous regarder en face sans distraction, pour manger seule face à un coucher de soleil sans que personne ne vous demande si tout va bien. Et parfois, c'est exactement ce dont on a besoin.

J'y retournerai. C'est une certitude aussi solide que le sourire de Ketut le matin devant ma porte.

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Inès Moreau
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